
Nous regardions lentement. En tirant sur mon spliff, j'avalais cette fumée âpre et je la regardais toujours. Non regarder est un mot trop banal. Trop simple, presque sale pour elle. Ce n'était pas ça, je l'admirais. C'était comme si son odeur rampait vers moi, rentrer en moi et m'achevait. J'ai
eu le vertige à la simple pensée de son corps contre le mien.
A partir de là, je ne peux que supposer. Je l'ai énervé, par ce regard fort, long, intense, j'ai plus ou moins compris qui elle était. Cela l'insupportait et l'insupporte encore. Elle s'est avancée, et j'ai cru, espéré qu'elle venait à moi.Mais non elle m'a sourit, soit haineusement soit avec gentillesse. Je n'ai pas pu saisir la nuance. Elle s'est dirigée vers Jules et dans un élan de méchanceté à mon égard, elle l'a embrassé.Une fois de plus je ne peux que supposer ce qu'il s'est passé dans cette chambre. Voilà ce que je pense qu’il s’est passé :
Je crois que le souffle haletant ils s'agrippaient. Ils s'agrippaient à leurs corps, leurs pauvres corps, qui ne répondaient qu'à l'appel du sexe. Elle avait l'impression de cauchemarder en cherchant les traits d'un autre homme, dans celui sur lequel elle était. Elle fermait ses paupières, elle hélait doucement ce prénom rugueux, et de temps en temps, comme pour croire à une apparition qui ne viendrait pas, elle ouvrait ses yeux et le cherchait.Mais il n'était pas là, il n'était plus là.
