lundi 27 juillet 2009





J’ai poussé lentement la porte de sa chambre. Je l’ai refermé et je me suis appuyée contre. Sa chambre puait la weed. A la fenêtre éclairée par un soleil un peu pâle, quelques pieds bronzés. J’étais déjà, souvent même, rentrée dans cette chambre, mais j’ai eu l’impression qu’il s’agissait de ma première visite. Jules était caché sous une énorme couette, et je compris alors d’où venait la légère odeur de transpiration. Je me suis assise sur le fauteuil en cuir près de son bureau. J’ai somnolé quelques minutes, tout en repensant à Chloé. Comment pouvait elle pensait que elle le connaissait par cœur ? Personne ne connaissait Lucas. Personne ne pouvait savoir de quoi il était capable. Même pas moi, ayant pourtant connu presque la totalité de ses jeux pervers, méchants, et parfois seulement faiblement gentils. J’ai allumé une cigarette, tout en matant le bordel inimaginable qui traînait sur le bureau. Cinq paquets vides de Marlboro. Quelques bouts de shit. Des briquets par dizaine, des paquets de gâteaux, des bouteilles vides de blanc, des centaines de feuilles gribouillées, des crayons de couleurs et feutres pour enfant, des marocos ou des cartons non utilisés, un bang puant, un petit reste de poudre. Une chambre de toxico. Où le dormeur doit se lever dès que le soleil sort pour foutre ses pieds de cannabis sur la fenêtre éclairée. Jules commençait à bouger, j’ai eu les larmes aux yeux, je me suis presque jetée sur lui, et mes lèvres se sont pressées contre les siennes. Mes mains se collaient à tout son corps. Je lui attrapais les cheveux, les mains, tout. J’ai pensé que si ça avait été Lucas, il m’aurait certainement prise par les cheveux, retournée, ne supportant pas que je sois sur lui, et fais l’amour violemment. Mais Jules se contenta de me suivre. Il n’avait pas du trop comprendre ce qui me prenait ce matin là.


lundi 6 juillet 2009



Paris s’éveillait. Je me dirigeais vers Jules, pour une visite surprise. J’étais incroyablement souriante. Au bureau de tabac, j’ai même excédée en politesse, tellement j’étais désireuse de voir mon projet fou mener à bien. Il était 8 heures passées, Jules dormait évidemment. Même cela ne m’a pas agacé. Tant pis, je me suis arrêtée au jardin du Luxembourg. Appuyée sur le parapet qui entourait la fontaine Médicis, je regardais l’eau et mon reflet. J’ai allumé une cigarette, deux, trois, quatre. Je me suis mise à pleurer. Je me sentais vraiment idiote. Je pleurais tout le temps, sans motifs, sans vraie peine. Evidemment, j’étais accablé par une tristesse indéracinable, mais les larmes n’étaient pas obligées de monter tout le temps. Voilà, j’étais rayonnante dans cette fraîcheur d’été, et en un quart d’heure à peine j’étais l’opposée.