mercredi 24 juin 2009





Je n’avais plus rien envie d’entendre, j’ai pris mes affaires et je suis partie. Dans la rue je courais presque, incapable de rester calme, je pleurais. Je bousculais quelques personnes sur mon passage, qui me criaient de faire attention, mais je n’en avais rien à faire. J’avais même la nausée. Je n’avais plus de souffle, plus d’endurance à cause de cette putain de cigarette. J’en ai allumé une autre, je me suis assise sur le trottoir, enveloppée par deux voitures sales. Les jambes tremblantes, le corps transpirant et vidé, j’ai mis un bon quart d’heure à me lever. Mes jambes ont vacillé, à la manière d’un poulain qui se mettait debout pour la première fois. Voilà, il fallait réapprendre à vivre. Une femme m’a abordait pour savoir comment j’allais, je n’ai rien su répondre. Que lui répondre ? J’étais perdue, épuisée et à l’agonie. J’agonisais d’amour, et personne, pas même Hugo, n’aurait pu m’aider. J’étais un cimetière d’amour. Je ne pourrais plus jamais aimé. La partie était perdue, combat devait être abandonné. Mon âme était morte, elle avait décliné, son corps pourri au fond de mon cœur. Au fond de Paris, et de ses murs, de son ciel, de ses gens, gris. Il s’est mis à pleuvoir. Comme si la pluie avait entendu ma longue doléance amoureuse, et m’en lavait. Je suis rentrée.

mercredi 10 juin 2009


« C’est tout de même une jolie façon de mourir, les falaises. Mais il faut avoir du cran, et c’est sûrement le plus dur. Et puis il y a la douleur aussi. J’ai songé aux médicaments, mais il faut s’y connaître je pense.
- Qu’est ce qui a pu arriver à une si jolie fille, pour avoir des pensées si morbides ?
- N’est ce pas toi qui parlait d’amour tout à l’heure ? Et bien voilà, l’amour m’aurait tué.
- Seuls les vrais passionnés meurent d’amour, les autres préfèrent tourner une page, tirer un trait. Tu vois, j’ai vaguement pensé, après mettre fait minablement jeté, à me tuer. Et puis je me suis dis très franchement « c’est quoi cette réaction de PD. Merde t’as des couilles ou quoi ? » J’ai fait l’amour à plusieurs filles, essayé de construire d’autres histoires, mais rien n’a marché. Alors j’attends. Et je sais, je sais pertinemment, qu’aucunes autres filles ne me combleront comme elle m’a comblé. C’était elle, c’est tout. Mais je n’ai pas non plus le courage pour aller me pendre, me tailler les veines, ou me jeter dans le vide. Sur le moment, je me suis dis stupidement que c’était une réaction de PD, mais je suis convaincu qu’un homo ou que n’importe quel hétéro, bi ou je ne sais quoi, à plus de couilles que moi. Je suis passif et attendant quelque chose, ou plutôt quelqu’un qui ne viendra plus. Moi je croyais que c’était elle ma vie, elle, elle l’a cru que s’en était une autre. J’ai raté. Et je n’aurais sûrement plus jamais l’occasion de raté aussi brillamment que je l’ai fait mais tant pis. Je l’ai eu pour moi un temps. A présent je n’ai plus rien. J’ai ta main dans la mienne, j’ai eu un orgasme près de la mort qui attendait avidement nos corps. J’ai mes paroles stupides. Et j’attends de toi une histoire aussi nulle que la mienne pour me rassurer. »
J’ai éclaté en sanglot, tellement son histoire m’a semblé, aussi commune soit elle, touchante. Je n’ai pas su trouver les mots pour raconter la mienne, et c’est tout doucement dans ces bras que je suis tombée dans ceux de Morphée