
Je n’avais plus rien envie d’entendre, j’ai pris mes affaires et je suis partie. Dans la rue je courais presque, incapable de rester calme, je pleurais. Je bousculais quelques personnes sur mon passage, qui me criaient de faire attention, mais je n’en avais rien à faire. J’avais même la nausée. Je n’avais plus de souffle, plus d’endurance à cause de cette putain de cigarette. J’en ai allumé une autre, je me suis assise sur le trottoir, enveloppée par deux voitures sales. Les jambes tremblantes, le corps transpirant et vidé, j’ai mis un bon quart d’heure à me lever. Mes jambes ont vacillé, à la manière d’un poulain qui se mettait debout pour la première fois. Voilà, il fallait réapprendre à vivre. Une femme m’a abordait pour savoir comment j’allais, je n’ai rien su répondre. Que lui répondre ? J’étais perdue, épuisée et à l’agonie. J’agonisais d’amour, et personne, pas même Hugo, n’aurait pu m’aider. J’étais un cimetière d’amour. Je ne pourrais plus jamais aimé. La partie était perdue, combat devait être abandonné. Mon âme était morte, elle avait décliné, son corps pourri au fond de mon cœur. Au fond de Paris, et de ses murs, de son ciel, de ses gens, gris. Il s’est mis à pleuvoir. Comme si la pluie avait entendu ma longue doléance amoureuse, et m’en lavait. Je suis rentrée.

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