samedi 9 mai 2009








Cette nuit ci, nous étions dans un parc, Nicolas, Fanny, Eliot, Lucie et Matthieu nous avaient rejoint. Nous avions une dizaine de bouteilles d’alcool pour nous épauler. Nous ne fêtions rien, nous n’avons aucuns justificatifs pour boire comme nous le faisions. Chaque fois c’était la même chose. Nous buvions pour rire facilement. Nous avons ouvert les bouteilles et nous nous lancions des bravades alcoolisées. D’habitude j’arrivais à me contrôler ou du moins, même si les autres le voyaient, dans ma tête ils avaient devant eux une fille sobre. Cette fois ci je n’ai pas fait semblant. J’ai bu, sans refouler aucuns sentiments. Je regardais les autres rire, une vraie fantasmagorie. J’étais fasciné par tant d’excès et de joie. Il y avait les gens et moi. Nous étions séparés par une barrière invisible. Hugo me regardait en train de rire toute seule. J’ai pris une autre bouteille et j’ai bu, Lucie s’approchait de moi, un peu trop près, elle s’accrochait à mon cou et me faisait mal. Je voyais vaguement Fanny qui caressait la cuisse de Jules, Nicolas arrivait par derrière Lucie et l’éloigner de moi, Etienne et Hugo en amis fraternels hurlaient de rire. J’ai pris peur. Je me suis éloignée. J’ai marché, à travers le parc, à travers les jeux d’enfants. J’ai tourné en rond. Quand je suis revenue vers l’escouade que nous formions, ils étaient tous en ligne à s'amuser. J’ai pris quelques bouteilles qui traînaient, vides et mornes, je les ai cassées. Avec le bruit aigu du verre brisé, ils ont relevé la tête, surpris. Nicolas a soupiré : « Il fallait bien que l’un d’entre nous le fasse. »
J’ai éclaté de rire cristallin. J’ai ris longuement et ils me regardaient tous, ne sachant pas très bien pourquoi je riais tant. Je me suis laissée tomber sur les genoux, et j’ai ramassé des bouts de verre. Je me suis assenais des coups violents avec, sur les bras. Ils continuaient à me regarder, pendant que mon rire se transformait en crise de larmes. Ils blêmissaient à vu d’oeil. Je serrais le verre dans ma main en sang. Hugo m’a pris les mains, et je criais. Je criais ma haine pour Lucas. Je criais tout ce que j’avais refoulé pendant des années. Je les voyais me regardé comme une chose pathétique, j’étais effrayé, souillée de sang. Hugo m’a pris pars les mains, et m’a amener loin.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire