
La lumière de son studio était trop perçante, mes yeux étaient fatigués. Trop fatigués. Le silence était agréable, c’est ce que j’aimais avec Hugo, il mesurait les choses parfaitement. Jamais un silence n’était gêné. Je me suis déshabillé, sans aucune pudeur. Je l’avais égaré depuis longtemps. Je suis rentrée dans le lit et il m’y a rejoint. Il était allongé sur le dos, en caleçon, et fixait le plafond comme un mystère insondable. Il a pris le cendrier sur la table de chevet, et a allumé une cigarette. Je sentais l’odeur rampait jusqu’à moi. Hugo a toussé légèrement, j’ai sursauté, j’ai cru qu’il voulait me rappeler sa présence, mais il cherchait seulement à me parler. Sans me brusquer. J’ai murmuré, d’un long murmure plaintif :
« Hugo…
- Mathilde ?
- …
- Je m’appelle Lucas.
- Hein ?
- Je suis Lucas, allez vas-y, dis moi.
- A quoi tu joues ?
- Tu comprends oui ou non ? Ce soir, enfin non, cette heure-ci, je suis Lucas, parle moi de tout ce que tu veux me dire. Tout ce que tu ne m’as pas dit. Dis moi.
- Je … »
Il me demandait de faire tout ce dont je rêvais depuis des mois, des années peut-être. Dans ma tête anéantie par la douleur, les idées s’attisaient. J’ai respiré. Allumé une blonde. Et comme si j’avais préparé ces longues objurgations amoureuses, j’ai fini par parler.

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