
- Qu’est ce qui a pu arriver à une si jolie fille, pour avoir des pensées si morbides ?
- N’est ce pas toi qui parlait d’amour tout à l’heure ? Et bien voilà, l’amour m’aurait tué.
- Seuls les vrais passionnés meurent d’amour, les autres préfèrent tourner une page, tirer un trait. Tu vois, j’ai vaguement pensé, après mettre fait minablement jeté, à me tuer. Et puis je me suis dis très franchement « c’est quoi cette réaction de PD. Merde t’as des couilles ou quoi ? » J’ai fait l’amour à plusieurs filles, essayé de construire d’autres histoires, mais rien n’a marché. Alors j’attends. Et je sais, je sais pertinemment, qu’aucunes autres filles ne me combleront comme elle m’a comblé. C’était elle, c’est tout. Mais je n’ai pas non plus le courage pour aller me pendre, me tailler les veines, ou me jeter dans le vide. Sur le moment, je me suis dis stupidement que c’était une réaction de PD, mais je suis convaincu qu’un homo ou que n’importe quel hétéro, bi ou je ne sais quoi, à plus de couilles que moi. Je suis passif et attendant quelque chose, ou plutôt quelqu’un qui ne viendra plus. Moi je croyais que c’était elle ma vie, elle, elle l’a cru que s’en était une autre. J’ai raté. Et je n’aurais sûrement plus jamais l’occasion de raté aussi brillamment que je l’ai fait mais tant pis. Je l’ai eu pour moi un temps. A présent je n’ai plus rien. J’ai ta main dans la mienne, j’ai eu un orgasme près de la mort qui attendait avidement nos corps. J’ai mes paroles stupides. Et j’attends de toi une histoire aussi nulle que la mienne pour me rassurer. »
J’ai éclaté en sanglot, tellement son histoire m’a semblé, aussi commune soit elle, touchante. Je n’ai pas su trouver les mots pour raconter la mienne, et c’est tout doucement dans ces bras que je suis tombée dans ceux de Morphée






