samedi 5 décembre 2009






J'ai entendu Hugo crier mon nom. C'était un cri terrible. Déchirant la nuit, déchirant les lumières de Paris, déchirant mon âme, déchirant la sienne aussi. Bien sûr. Qu'aurais-je pu y faire ? J'étais perdue, foutue, abattue, nulle, minable. Je ne sais pas trop combien d'adjectifs péjoratifs j'aurais pu me trouver. Je ne savais pas même quoi écrire. J'avais écris beaucoup sur lui, mais tellement rien sur nous. Des mois de plénitude. Des mois à me dire que ça allait. Que ma vie allait passer, tranquillement. Mais non.

Je me suis assise, sur banc rouillé, j'ai fumé quelques cigarettes. Ses cigarettes, il les fumait différemment des autres, avec des gestes lents, avec une mine dépitée. Tandis que moi, je fumais frénétiquement. Nous étions des opposés, de la manière de fumer, à la manière de marcher. Nous n'étions pas en accord. Et pourtant. Il avait su me faire oublier, aussi lointainement que ce soit, Lucas.

Beastie Boys - PopYour Balloon

mardi 3 novembre 2009

jeudi 1 octobre 2009

Jamie T est inclassable.






Je me rappelle la première fois que j'ai écouté Jamie T, j'étais en 4ème et j'ai rien compris à son style. J'avais pris le cd qui traînait à la bibliothèque, parce que j'aimais le côté bordel de la pochette. Quand je l'ai écouté j'ai trouvé ça ouf et bordélique et je me suis dit que Jamie T était un type bien.

Jamie T c'est sûrement celui dont j'arrive le moins à définir musicalement parlant.

Ce type, avec sa gueule typique d'anglais , a sorti son nouvel album " Kings and Queens " je ne sais plus trop quand, début septembre je crois. Je préfère encore le premier cependant.


Une ballade : Emily's Heart


Un chanson rap/pop et je ne sais quoi d'autre : Castro Dies

samedi 12 septembre 2009








On connaissait la nouvelle depuis un moment, la colab de Ed Banger et Eastpak. A la base gris et noir ou violet et noir, ils sortent en rouge et bleu. Bien sûr design par So-Me l'artiste du label. On y retrouve tous les petits dessins de chez EdRec, c'est à dire les To protect and entertain, les Cool Cats, les notes de musiques et bien entendu les petites lettres E D B A N G E R R E C O R D S . L'étique si mythique de Eastpak est elle aussi légèrement modifiée car surplombé du répétitif : Ed Banger Records , et signé en dessous du USA du fameux Cool Cats.
Busy P et sa troupe ne finiront jamais leur montée et c'est une bonne chose !
Disponible sur le e-shop de Cool Cats et chez Colette.










Voir article Street Tease


samedi 5 septembre 2009




Beaucoup voyent Joke comme le rap futuriste. Et ouais , Joke c'est le rap de demain. Il dit lui même que le futur lui appartient sur le morceau The Sixpack Anthem Remix (feat. Cuizinier et Tekitek) , et il a bien raison.

Alors ouais sur cet album ce garçon jour à fond sur les egotrips, mais j'pense qu'il peut se le permettre. Pour sa première street j'ai envie de dire qu'il s'en sort admirablement bien.

Bon pour finir avec cette tape, je vous dirai qu'elle est super fraîche, mais que d'un côté, produit par Orgasmic , c'est forcément un peu dans la veine de TTC. Mais le fait qu'il soit en solo sauve le truc et faire son premier album en 21 pistes, avec des featurings supers, on peut carrément dire que c'est du très joli travail .

mercredi 2 septembre 2009

Blaaaaaaaaaa !








" So-Me, Cream & 2Shy se réunissent à nouveau pour une version "imitée" de leur précédente exposition.

Triple Trouble premier du nom avait vu la réunion de So-Meet de ses compères Cream et 2Shy des ERS autour de créations composées à trois mains et en trois couleurs. Ces cadavres exquis sérigraphiés ont tout d’abord été montrés chez A.L.I.C.E à Bruxelles en mars dernier.
Pour l’édition parisienne et plutôt que de n’offrir qu’une déclinaison du même concept, les trois artistes illustrateurs ont décidé de faire reproduire les premières oeuvres par des faussaires chinois. Une sorte d’auto-bootleg en somme !
En plus des vraies-fausses toiles, quelques prints inédits seront également présentés.
Ce Triple Trouble II sera accueilli par la galerie Lazy Dog du 3 au 19 septembre 2009. Le vernissage aura lieu le jeudi 3 septembre 2009 à partir de 18 heures.
Si vous n’aviez pu assister à la première exposition bruxelloise, sachez que certains des premiers prints sont désormais disponibles sur le e-shop Cool Cats. "


Merci

samedi 29 août 2009








Fevrier 2010 , accro aux sneakers, Nike sort deux nouvelles pairs de Vandal High Suprème, juste en nylon. Semelles vieillies et deux couleurs : Verte électrique et Grise.





vendredi 28 août 2009








La rentrée scolaire c'est super chouette les enfants !
C'est un mélange de mélancolie pour l'été, et de ferveur pour la nouveauté.
On est plongé dans une marée de changement qui, certes en très peu de temps devient routine, mais franchement sur le moment c'est si amusant !





Sinon Jean Nippon et Tekitek te jouissent sur le visage . C'est trop mignon hein ?

lundi 10 août 2009



aujourd'hui j'avais bien envie de faire de ce blog autre chose que ce qu'il est.

Et j'ai cherché. J'adore un tas de choses ! Mais là j'ai envie de vous parler de Lazy Flow.

C'est fou comme ce type, je lui voue une admiration débordante. C'est un peu dingue, mais, les sons de ce mec sont des claques. Je télècharge beaucoup. Ses sons je les aies chopé sur des blogs, ou je ne sais où, mais pour tout dire, ça m'a un peu chagriné de le faire. C'est dingue hein ?! Ahaha peut-être que moi aussi je vais finir groupie. J'ai donc envie de dire à ce batârd, d'arrêter les sons ravageurs qui me rendent dingue. Merci.
(Riot Kid et French Fries me font un effet moindre, mais quelque peu conparable. )




Myspace. ( Pour twitter et facebook, myspace guidera. )

mercredi 5 août 2009





Mon regard se posa à nouveau sur la hippie et le dandy. Ils s’embrassaient. Ils riaient. Ils se touchaient. Ils parlaient. Ils s’embrassaient. Ils riaient. Ainsi de suite, encore. Ses images là, d’un amour sain et paisible, d’un amour jeune et frais, d’un amour parisien, d’un amour qui semblait inviolable. Restèrent toute la journée devant mes yeux. Vers quatorze heures peut-être, ils partirent. Vers quinze heures peut-être, un autre couple prit leur place. J’avais toujours cette terrible photo de eux devant mes yeux. Elle les cheveux au vent, riant, riant au éclats, lui s’approchant d’elle pour l’embrasser, ou lui susurrer de jolis mots à l’oreille. A dix-sept heures, ayant vu deux couples et une famille heureux sur un même endroit, avec le même paysage contemporain que crée la Tour Effeil, ayant finit mon paquet de cigarettes, ayant pleurer à en effrayer les gens dans leurs bonheurs incertains, je me suis levée. En rentrant chez moi, je me suis allongée sur mon lit, j’ai attendu la nuit. Et mes yeux on finit par se vider de cette image dérangeante de Lucas et Chloé.

lundi 27 juillet 2009





J’ai poussé lentement la porte de sa chambre. Je l’ai refermé et je me suis appuyée contre. Sa chambre puait la weed. A la fenêtre éclairée par un soleil un peu pâle, quelques pieds bronzés. J’étais déjà, souvent même, rentrée dans cette chambre, mais j’ai eu l’impression qu’il s’agissait de ma première visite. Jules était caché sous une énorme couette, et je compris alors d’où venait la légère odeur de transpiration. Je me suis assise sur le fauteuil en cuir près de son bureau. J’ai somnolé quelques minutes, tout en repensant à Chloé. Comment pouvait elle pensait que elle le connaissait par cœur ? Personne ne connaissait Lucas. Personne ne pouvait savoir de quoi il était capable. Même pas moi, ayant pourtant connu presque la totalité de ses jeux pervers, méchants, et parfois seulement faiblement gentils. J’ai allumé une cigarette, tout en matant le bordel inimaginable qui traînait sur le bureau. Cinq paquets vides de Marlboro. Quelques bouts de shit. Des briquets par dizaine, des paquets de gâteaux, des bouteilles vides de blanc, des centaines de feuilles gribouillées, des crayons de couleurs et feutres pour enfant, des marocos ou des cartons non utilisés, un bang puant, un petit reste de poudre. Une chambre de toxico. Où le dormeur doit se lever dès que le soleil sort pour foutre ses pieds de cannabis sur la fenêtre éclairée. Jules commençait à bouger, j’ai eu les larmes aux yeux, je me suis presque jetée sur lui, et mes lèvres se sont pressées contre les siennes. Mes mains se collaient à tout son corps. Je lui attrapais les cheveux, les mains, tout. J’ai pensé que si ça avait été Lucas, il m’aurait certainement prise par les cheveux, retournée, ne supportant pas que je sois sur lui, et fais l’amour violemment. Mais Jules se contenta de me suivre. Il n’avait pas du trop comprendre ce qui me prenait ce matin là.


lundi 6 juillet 2009



Paris s’éveillait. Je me dirigeais vers Jules, pour une visite surprise. J’étais incroyablement souriante. Au bureau de tabac, j’ai même excédée en politesse, tellement j’étais désireuse de voir mon projet fou mener à bien. Il était 8 heures passées, Jules dormait évidemment. Même cela ne m’a pas agacé. Tant pis, je me suis arrêtée au jardin du Luxembourg. Appuyée sur le parapet qui entourait la fontaine Médicis, je regardais l’eau et mon reflet. J’ai allumé une cigarette, deux, trois, quatre. Je me suis mise à pleurer. Je me sentais vraiment idiote. Je pleurais tout le temps, sans motifs, sans vraie peine. Evidemment, j’étais accablé par une tristesse indéracinable, mais les larmes n’étaient pas obligées de monter tout le temps. Voilà, j’étais rayonnante dans cette fraîcheur d’été, et en un quart d’heure à peine j’étais l’opposée.


mercredi 24 juin 2009





Je n’avais plus rien envie d’entendre, j’ai pris mes affaires et je suis partie. Dans la rue je courais presque, incapable de rester calme, je pleurais. Je bousculais quelques personnes sur mon passage, qui me criaient de faire attention, mais je n’en avais rien à faire. J’avais même la nausée. Je n’avais plus de souffle, plus d’endurance à cause de cette putain de cigarette. J’en ai allumé une autre, je me suis assise sur le trottoir, enveloppée par deux voitures sales. Les jambes tremblantes, le corps transpirant et vidé, j’ai mis un bon quart d’heure à me lever. Mes jambes ont vacillé, à la manière d’un poulain qui se mettait debout pour la première fois. Voilà, il fallait réapprendre à vivre. Une femme m’a abordait pour savoir comment j’allais, je n’ai rien su répondre. Que lui répondre ? J’étais perdue, épuisée et à l’agonie. J’agonisais d’amour, et personne, pas même Hugo, n’aurait pu m’aider. J’étais un cimetière d’amour. Je ne pourrais plus jamais aimé. La partie était perdue, combat devait être abandonné. Mon âme était morte, elle avait décliné, son corps pourri au fond de mon cœur. Au fond de Paris, et de ses murs, de son ciel, de ses gens, gris. Il s’est mis à pleuvoir. Comme si la pluie avait entendu ma longue doléance amoureuse, et m’en lavait. Je suis rentrée.

mercredi 10 juin 2009


« C’est tout de même une jolie façon de mourir, les falaises. Mais il faut avoir du cran, et c’est sûrement le plus dur. Et puis il y a la douleur aussi. J’ai songé aux médicaments, mais il faut s’y connaître je pense.
- Qu’est ce qui a pu arriver à une si jolie fille, pour avoir des pensées si morbides ?
- N’est ce pas toi qui parlait d’amour tout à l’heure ? Et bien voilà, l’amour m’aurait tué.
- Seuls les vrais passionnés meurent d’amour, les autres préfèrent tourner une page, tirer un trait. Tu vois, j’ai vaguement pensé, après mettre fait minablement jeté, à me tuer. Et puis je me suis dis très franchement « c’est quoi cette réaction de PD. Merde t’as des couilles ou quoi ? » J’ai fait l’amour à plusieurs filles, essayé de construire d’autres histoires, mais rien n’a marché. Alors j’attends. Et je sais, je sais pertinemment, qu’aucunes autres filles ne me combleront comme elle m’a comblé. C’était elle, c’est tout. Mais je n’ai pas non plus le courage pour aller me pendre, me tailler les veines, ou me jeter dans le vide. Sur le moment, je me suis dis stupidement que c’était une réaction de PD, mais je suis convaincu qu’un homo ou que n’importe quel hétéro, bi ou je ne sais quoi, à plus de couilles que moi. Je suis passif et attendant quelque chose, ou plutôt quelqu’un qui ne viendra plus. Moi je croyais que c’était elle ma vie, elle, elle l’a cru que s’en était une autre. J’ai raté. Et je n’aurais sûrement plus jamais l’occasion de raté aussi brillamment que je l’ai fait mais tant pis. Je l’ai eu pour moi un temps. A présent je n’ai plus rien. J’ai ta main dans la mienne, j’ai eu un orgasme près de la mort qui attendait avidement nos corps. J’ai mes paroles stupides. Et j’attends de toi une histoire aussi nulle que la mienne pour me rassurer. »
J’ai éclaté en sanglot, tellement son histoire m’a semblé, aussi commune soit elle, touchante. Je n’ai pas su trouver les mots pour raconter la mienne, et c’est tout doucement dans ces bras que je suis tombée dans ceux de Morphée






dimanche 31 mai 2009


Le sable était blanc, parsemé de petits rochers noirs. Quelques mouettes venaient chercher à manger, elles gémissaient leurs récoltes stériles. Ici il n’y avait rien. Du moins pas encore. Je n’ai pas vu le temps passer. Parfois j’allais prendre la température de l’eau. Elle était merveilleusement claire, mais péniblement froide. Une légère vague se brisait à mes pieds, laissant une faible écume mousseuse dessus. J’ai eu un long frisson. La voiture m’attendait, j’ai roulé jusqu’à trouver une falaise. Une falaise effroyable et en même temps tellement réconfortante. Quand je l’ai trouvé, aussi belle et froide que je l’avais imaginé et un homme était là, regardant le vide. J’ai cru un instant qu’il allait sauté. Il s’est retourné, nous nous sommes regardés, et j’ai vu en dans son regard toute la détresse du mien. Et dans une ardeur indéfinissable, comme si cet homme était un frère, un compagnon, un ami, nous nous sommes serrés dans les bras. Je respirais son odeur, je reconnaissais la mienne. C’était le genre de rencontre que l’on ne fait jamais, le genre de rencontre que l’on ne vit que dans un film. Nous étions en pleine utopie. C’était la rencontre de ma vie, en même temps tellement éphémère. A présent, je crois que si je n’avais pas rencontré ce double masculin, j’aurais peut-être sauté de cette falaise. Au lieu de cela, nous nous sommes allongés, près du ras bord. Les vagues claquaient contre les rochers. Et l'air marin sentait merveilleusement bon. C'était frais et c'est tout ce que nous souhaitions. A vingt centimètre de nous : le vide. Et nous en rions. Nous entendions le cris des mouettes fatidiques, qui semblait rythmer nos longs soupirs et empoignements. L’herbe verte sous nous, nous soulevait presque. Presque.





Quand je suis arrivée sur le seuil de la porte la musique taper et faisait trembler le sol. J’ai reconnu les sons tapageurs mais enchanteurs de Lazy Flow. Je suis rentrée doucement, à petit pas. Jules m’a sauté dessus et m’a embrassé, je l’ai repoussé gentiment et il est parti rejoindre une fille à moitié nue sur le canapé. Hugo m’a fait un coucou de la main et je l’ai vu se diriger sur une autre fille aussi vulgaire que celle de Jules. Ces pauvres garçons n’avaient décidément aucun goût, aucune idée de ce qu’était l’élégance. Bien que je ne pensais pas en avoir non plus. J’avais la tête qui tournait, des gens me disaient bonjour et je voyais leurs visages se rapprocher, s’éloigner de moi, à une vitesse folle. J’ai pris un verre et j’ai siroté ma vodka pure en regardant le spectacle lamentable de nos jeunesses que nous croyions omnipotentes. Fanny est arrivée en courant sur moi, elle me parlait vite, et je n’en ai saisi que des maigres brides : « Ici … Jean qui l’a ramené … c’est fou ! » Ses phrases étaient saccadées par des rires paniqués. Je n’ai pas très bien compris, mais Jean était le meilleur ami de Lucas, et Nicolas était un bon ami de Lucas. Ils avaient du venir ici grâce à lui. A cet instant précis, j’ai eu l’impression de n’avoir rien bu, rien pris. J’avais Lucas en face de moi, qui fonçait sur moi avec un grand sourire tacite. Deux mètres : Ses cheveux avaient légèrement poussé. Un mètre : Ses yeux noirs. Cinquante centimètres : Son odeur. Et puis un frôlement de joue. Un bonjour. Son bonjour impavide, mon bonjour tremblant. Mes jambes ont vacillé, ses yeux n’ont pas cillé. J’étais là, face à lui, face à une absence de quatre mois. Lucas m’a demandé si on pouvait sortir un peu, il me parlait rapidement, sans ce rendre compte que je ne comprenais encore rien de ce qu’il se passait. Il a descendu quelques marches de l’escalier, je dirais une dizaine et il s’est assis là, attendant que je fasse de même. Il a fini par faire claquer son majeur et son pouce avec son index qui m’indiquer que ma place était à ses côtés. Je me suis exécutée, immédiatement.







mercredi 20 mai 2009




La lumière de son studio était trop perçante, mes yeux étaient fatigués. Trop fatigués. Le silence était agréable, c’est ce que j’aimais avec Hugo, il mesurait les choses parfaitement. Jamais un silence n’était gêné. Je me suis déshabillé, sans aucune pudeur. Je l’avais égaré depuis longtemps. Je suis rentrée dans le lit et il m’y a rejoint. Il était allongé sur le dos, en caleçon, et fixait le plafond comme un mystère insondable. Il a pris le cendrier sur la table de chevet, et a allumé une cigarette. Je sentais l’odeur rampait jusqu’à moi. Hugo a toussé légèrement, j’ai sursauté, j’ai cru qu’il voulait me rappeler sa présence, mais il cherchait seulement à me parler. Sans me brusquer. J’ai murmuré, d’un long murmure plaintif :
« Hugo…
- Mathilde ?
- …
- Je m’appelle Lucas.
- Hein ?
- Je suis Lucas, allez vas-y, dis moi.
- A quoi tu joues ?
- Tu comprends oui ou non ? Ce soir, enfin non, cette heure-ci, je suis Lucas, parle moi de tout ce que tu veux me dire. Tout ce que tu ne m’as pas dit. Dis moi.
- Je … »
Il me demandait de faire tout ce dont je rêvais depuis des mois, des années peut-être. Dans ma tête anéantie par la douleur, les idées s’attisaient. J’ai respiré. Allumé une blonde. Et comme si j’avais préparé ces longues objurgations amoureuses, j’ai fini par parler.

AC Slater feat. Fagget Fairys - Kuku (Urchins Remix)



samedi 9 mai 2009








Cette nuit ci, nous étions dans un parc, Nicolas, Fanny, Eliot, Lucie et Matthieu nous avaient rejoint. Nous avions une dizaine de bouteilles d’alcool pour nous épauler. Nous ne fêtions rien, nous n’avons aucuns justificatifs pour boire comme nous le faisions. Chaque fois c’était la même chose. Nous buvions pour rire facilement. Nous avons ouvert les bouteilles et nous nous lancions des bravades alcoolisées. D’habitude j’arrivais à me contrôler ou du moins, même si les autres le voyaient, dans ma tête ils avaient devant eux une fille sobre. Cette fois ci je n’ai pas fait semblant. J’ai bu, sans refouler aucuns sentiments. Je regardais les autres rire, une vraie fantasmagorie. J’étais fasciné par tant d’excès et de joie. Il y avait les gens et moi. Nous étions séparés par une barrière invisible. Hugo me regardait en train de rire toute seule. J’ai pris une autre bouteille et j’ai bu, Lucie s’approchait de moi, un peu trop près, elle s’accrochait à mon cou et me faisait mal. Je voyais vaguement Fanny qui caressait la cuisse de Jules, Nicolas arrivait par derrière Lucie et l’éloigner de moi, Etienne et Hugo en amis fraternels hurlaient de rire. J’ai pris peur. Je me suis éloignée. J’ai marché, à travers le parc, à travers les jeux d’enfants. J’ai tourné en rond. Quand je suis revenue vers l’escouade que nous formions, ils étaient tous en ligne à s'amuser. J’ai pris quelques bouteilles qui traînaient, vides et mornes, je les ai cassées. Avec le bruit aigu du verre brisé, ils ont relevé la tête, surpris. Nicolas a soupiré : « Il fallait bien que l’un d’entre nous le fasse. »
J’ai éclaté de rire cristallin. J’ai ris longuement et ils me regardaient tous, ne sachant pas très bien pourquoi je riais tant. Je me suis laissée tomber sur les genoux, et j’ai ramassé des bouts de verre. Je me suis assenais des coups violents avec, sur les bras. Ils continuaient à me regarder, pendant que mon rire se transformait en crise de larmes. Ils blêmissaient à vu d’oeil. Je serrais le verre dans ma main en sang. Hugo m’a pris les mains, et je criais. Je criais ma haine pour Lucas. Je criais tout ce que j’avais refoulé pendant des années. Je les voyais me regardé comme une chose pathétique, j’étais effrayé, souillée de sang. Hugo m’a pris pars les mains, et m’a amener loin.

jeudi 7 mai 2009




« Toi et Nicolas vous avez abusé. Pourquoi vous m’avez pas dit que vous alliez chez Jules Samedi soir ?
- Tu le connais ? »
J’étais réellement étonnée qu’elle puisse le connaître.
« - Oui, je l’aime bien Jules en plus. J’avais des vues sur lui l’an passé. »
Je me suis sentie minable, abominablement nulle. Mais est ce réellement ma faute ? Je suis restée muette, et je crois que c’était encore plus stupide que cette histoire avec Jules. Fanny a compris. Fanny m’a regardé longuement et a fini par me lâcher, avec une froideur que je ne lui connaissais pas :
« J’aurais pu m’en douter.
- Je ne savais pas qu’il t’intéressait, j’aurais pas fait sinon.
- Oui mais tu as fais. Bref et Lucas tu as des nouvelles ? »


J’ai tressailli.


J’avais sous-estimé cette fille. Elle était bien plus fine que je ne l’avais cru.
J’ai passé une main dans mes cheveux, mes longs cheveux épars. J’avais une haine inimaginable pour sa question. J’étais paralysée, en plein effroi face à cette interrogation si difficile, si insensée. Je me suis retrouvée là, inondée de larmes et de pensées. J’ai rassemblé ce qui me resté de fierté et dans un murmure à peu prés séant je lui ai dit :



« Non, et je n’en n’aurais pas. Je n’en n’aurais plus et tu le sais. Maintenant si tu penses que Jules mérite que l’on se fâche, je trouverais ça nul. Si tu voulais te venger parce que j’ai couché avec un gars, dont j’ignorais totalement le fait qu’il te plaisait, c’est réussi. Merci. Mais je t’en pris, ne me renvois pas l’image de Lucas au visage. »
J’aurais pu lui parler des heures et des heures. M’excuser et tout ce genre de choses. Mais non je suis restée éteinte et je suis rentrée en cours.




samedi 2 mai 2009






Dans ce silence apaisant et ce décor reposant je me suis allongé. J’ai tiré une couverture sur moi comme un linceul. J’ai soufflé, décompressé. Et je me suis endormie. Enfin.
C’est la porte grinçante de sa chambre qui m’a réveillé. Il est entré et m’a sourit. Je n’ai eu nullement la force de le lui rendre. Sa fenêtre donnait sur un petit toit, je l’ai enjambée et je me suis installée sur les tuiles encore mouillées. J’ai allumé une cigarette, ma dernière. Il m’a rejoins et il s’est mis à fumer également.
« Tu vas mieux ? » m’a t’il susurré.
« - Oui je crois, désolée, tu m’excuseras auprès de eux aussi.
- Ne t’en fais pas pour eux, l’essentielle c’est que je sois certains que toi tu ailles vraiment bien.
- Tu es gentil avec tout le monde non ?
- Non, tu étais seule et perdue et tu m’as perturbé.
- Tu m’as deviné et ça m’a énervé.
- Je m’en suis vaguement douté, tu sais.
- Tu vois bien comment sont les gens toi. »

Il n’a pas répondu. Il captait merveilleusement bien les émotions. Je ne savais pas comment partir de chez lui, parce que j’avais l’envie d’y rester éternellement.

mercredi 29 avril 2009


Nous sommes rentrés dans l’ascenseur et je me suis mise à pleurer. Dans ce genre de situation les gens vous réconfortent. Lui, non. Il n’a pas demandé ce qu’il n’allait pas. Hugo venait d’avoir toute la sensibilité que Jules ou n’importe quelle autre personne n’aurait pas eu. Il ne m’a pas regardé, il ne m’a pas tapoté maladroitement l’épaule. Il n’a eu aucuns gestes, aucunes expressions. Quand l’ascenseur est arrivé à destination il m’a pris la main et m’a guidé. Je l’ai suivis. Nous avons marché une dizaine de minutes et nous sommes rentrés dans un autre immeuble, le sien cette fois. Il était au rez-de-chaussée. Son appartement était chaleureux. J’étais en larmes, épuisée, humiliée. Il m’a envoyé dans sa chambre. Je l’ai entendu dire deux mots à ses parents et il est revenu. Il n’a pas parlé. Il m’a fait signe de m’allonger dans son lit. Et je me suis exécutée. Il m’a rapporté des cousins et il a quitté la pièce.


dimanche 19 avril 2009





J'allumais une cigarette, après environ trente minutes de pseudo plaisir. Jules. Je venais de faire l'amour avec un garçon que j'avais rencontré il y a à quelques heures.
Dehors il pleuvait. Une pluie longue et gracieuse. Il faisait très beau et là, le temps nous narguait. Je suis sortie sur le balcon et j'ai regardé l'immeuble d'en face qui commençait à se réveiller. Je regardais les gens qui partaient travailler. Ils marchaient très machinalement. Ils se dirigeaient vers quelque chose de concret, peut-être qu'ils n'aimaient pas leurs boulots.
Peut-être que si.


dimanche 8 mars 2009














Nous regardions lentement. En tirant sur mon spliff, j'avalais cette fumée âpre et je la regardais toujours. Non regarder est un mot trop banal. Trop simple, presque sale pour elle. Ce n'était pas ça, je l'admirais. C'était comme si son odeur rampait vers moi, rentrer en moi et m'achevait. J'ai
eu le vertige à la simple pensée de son corps contre le mien.
A partir de là, je ne peux que supposer. Je l'ai énervé, par ce regard fort, long, intense, j'ai plus ou moins compris qui elle était. Cela l'insupportait et l'insupporte encore. Elle s'est avancée, et j'ai cru, espéré qu'elle venait à moi.Mais non elle m'a sourit, soit haineusement soit avec gentillesse. Je n'ai pas pu saisir la nuance. Elle s'est dirigée vers Jules et dans un élan de méchanceté à mon égard, elle l'a embrassé.Une fois de plus je ne peux que supposer ce qu'il s'est passé dans cette chambre. Voilà ce que je pense qu’il s’est passé :


Je crois que le souffle haletant ils s'agrippaient. Ils s'agrippaient à leurs corps, leurs pauvres corps, qui ne répondaient qu'à l'appel du sexe. Elle avait l'impression de cauchemarder en cherchant les traits d'un autre homme, dans celui sur lequel elle était. Elle fermait ses paupières, elle hélait doucement ce prénom rugueux, et de temps en temps, comme pour croire à une apparition qui ne viendrait pas, elle ouvrait ses yeux et le cherchait.Mais il n'était pas là, il n'était plus là.